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Mardi 27 à 16h30

Olivier Millet, Président du directoire, Eurazeo PME
Les financements innovants sont-ils la clé d’une croissance durable ? Sont-ils réellement efficaces ?

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En 2005, Olivier Millet devenait Président de la société d’investissement cotée OFI Private Equity Capital. Cette entreprise intègre dans sa stratégie d’investissement certains critères liés au développement durable concernant l’environnement, la responsabilité sociale et sociétale, ainsi que les modèles de gouvernance, dans l’optique de faire évoluer les modèles économiques des bénéficiaires de ces investissements. OFI Private Equity Capital appartient désormais à la société Eurazeo PME qui met également l’accent sur la nécessité d’une gouvernance responsable visant à valoriser le potentiel des entreprises dans lesquelles elle investit. Un diagnostic environnemental et un suivi des actions de développement durable des sociétés du groupe sont également réalisés. Passionné par les sujets touchant au développement durable, Olivier Millet est également le fondateur de Capitalisme Durable, une société de promotion d’une économie durable et responsable qui édite le journal internet eco-life.fr
 

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue sur En Ligne Pour Ta Planète en direct d'Evian à l'occasion de la 6ème Global Conference. Nous avons le plaisir d'accueillir Olivier Millet, Eurazeo PME.
Olivier Millet : Bonjour Jean-Marc.

Folle du désert : Quelle est l'activité principale d'Eurazeo ?
Tomothee : Qu'est-ce que Eurazeo ?
Olivier Millet : L'activité est une activité d'actionnaires. Il y a le métier de banquier et celui d'actionnaire qui est incarné par les fonds d'investissement. Notre métier d'actionnaire peut être pratiqué de différentes manières. Nous avons le parti pris d'être actionnaire long terme chez Eurazeo, et d'accompagner nos actionnaires sur 5 ou 10 ans. Au-delà des critères économiques traditionnels, une deuxième grille de lecture est à ajouter dans le processus de décision, qui est le DD. Il y a 3 thèmes : l'environnement, le social et la gouvernance. Cela veut dire que pour être investisseur long il faut ajouter un certain nombre de critère. On est encore un peu avant-gardiste dans le sujet. Le Groupe Eurazeo ce sont des positions d'actionnaires dans des sociétés de très grande taille. L'actionnariat est une activité cotée en bourse. Il y a plein d'images d'Epinal négatives sur le monde financier. Mais l'actionnariat des entreprises est très important. Moi je m'occupe des entreprises de petite taille, qui font moins de 200 millions d'euros de valeur. On est sur un spectre très large des très grandes sociétés et des plus petites entreprises. Je m'occupe de Léon de Bruxelles, de Dessange... dans chacune de ces sociétés nous travaillons sur des thématiques DD. On a fait pour toutes ces sociétés des bilans carbones.

juliette : Qu'attendez vous de cette conférence, pourquoi être présent ?
Olivier Millet : Je pense qu'il est temps qu'il y ait des confrontations positives. C'est le cas ici à la Global Conference. Ma conviction est que c'est en expliquant ce qu'on fait que l'on fait avancer les choses. C'est la 2ème fois que je viens ici, et j'aime cet événement car il y a beaucoup de diversité. Nous montrons que nous tenons compte d'autres critères, qui sont environnementaux, sociaux. Si on veut construire durablement, on ne peut plus éviter ces sujets.

dahlia : Je lis dans votre bio que vous êtes le fondateur d'une société nommée 'Capitalisme durable', est-ce vrai ? N'y a t-il pas antinomie ? Merci
Olivier Millet : C'est un peu de provocation. Je suis plutôt défenseur du capitalisme, tout en ayant conscience que cela peut produire le pire et le meilleur et souvent le pire. Ce qu'il faut bien voir c'est qu'on est dans un phénomène mondial, le programme PRI signé par de nombreuses entreprises, pour faire un reporting auprès de l'ONU régulièrement quant à leurs actions environnementales, sociales et de gouvernance. Nous sommes 200 sociétés à avoir signé ce programme, en France nous sommes 40 et sommes plutôt en pointe sur le sujet. Nous essayons de rapprocher les deux notions de capitalisme et DD. On ne peut pas durablement créer de la valeur si on ne tient pas compte de ces éléments là. Je considère que notre activité a une vraie utilité économique, nous accompagnons des projets de croissance.

cocinus : Prenez-vous bien en compte les 3 piliers du développement durable lors de vos investissements ?
Olivier Millet : Le monde de l'investissement est segmenté par la taille et le stade de développement des entreprises. Il y a la société toute jeune, en développement et à maturité en transmission d'entreprise. Nous investissons dans les entreprises à maturité, c'est un choix de type d'entreprises. Après nous travaillons avec des entreprises de petite taille, qui en CA font entre 30 et 80 millions quand on investit. On a un objectif d'investissement en croissance interne et en croissance externe. En Europe on considère qu'en GB et en Allemagne ces pays ce sont structurés avec des entreprises de taille moyenne. La France est un univers de petites entreprises. L'enjeu est d'arriver à transformer nos plus petites entreprises en entreprises de taille intermédiaire. Les critères DD sont assez simples. Il n'y a pas d'entreprises finies sur ces sujets-là. On fait un audit sur les 3 dimensions : environnement, social et gouvernance. On tire un bilan de cet audit. Eurazeo ne peut pas investir dans une entreprise qui ne va pas répondre sur ces trois critères. On n'attend pas de nos entreprises qu’elles soient parfaites, mais qu'elles aient conscience de ces aspects, qu'elles les traitent et qu'elles fassent preuve de transparence. Concernant le social, Le projet social d'entreprise est très différent d'une société à une autre. Léon de Bruxelles est un bon exemple, avec une forte diversité et 60 nationalités, un système de formation remarquable, ce qui se traduit par un turnover de 37% dans un secteur de la restauration où l'on dépasse généralement les 100%. Cela traduit une qualité de travail au sein de Léon de Bruxelles. En ayant un projet social pour une entreprise on fabrique de la récurrence. On est peut-être en train de faire la démonstration que l'investissement est compatible avec le DD. On a en moyenne 16% de marge brute dans notre portefeuille, qui correspond à tout le travail de tri que nous avons fait. On peut réussir à trouver un juste équilibre entre rentabilité et performance extra-financière. On rentre sur une période où les critères extra-financiers ont de plus en plus d'importance. Vous pouvez aller voir tout notre reporting qui décrit la façon dont chacune des sociétés dont nous sommes actionnaire travaillent sur le sujet. On a 92 paramètres pour mesurer le DD dans nos activités. Les épargnants veulent de la sécurité au-delà de la performance. Malgré l'ambiance générale pourrie, je suis très optimiste quant à l'évolution des actions des entreprises.

Merci beaucoup Olivier Millet, le mot de la fin ?
Olivier Millet : Merci