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Mercredi 28 à 10h30

Mohammed Hage, Fondateur et Président, Les Fermes Lufa
Face la crise alimentaire actuelle, quelles "révolutions vertes" sont possibles ?

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Mohamed Hage est un jeune entrepreneur québécois qui a commencé très tôt à imaginer et développer des projets novateurs. Il est le fondateur et président des Fermes Lufa, la première serre commerciale sur toit au monde. Son entreprise vise à développer un tout nouveau modèle d’agriculture, qui ne nécessite pas de terre pour produire des aliments de façon responsable et vendus directement aux consommateurs. Avec les membres de la compagnie et des experts, Mohamed a créé une serre innovante et optimisée pour les toits. L’agriculture hydroponique permet la culture de légumes non génétiquement modifiés, sans pesticides ni fongicides en récupérant l’eau de pluie. Les Fermes Lufa peuvent fournir des légumes frais produits localement à plus de 2000 personnes. De plus, la serre sur toit représente un moyen efficace d’isoler les bâtiments, améliorant leur efficacité énergique. L’agriculture urbaine joue un rôle essentiel pour le développement de villes plus résilientes. Au-delà d’être économiquement viables en fournissant des aliments frais et locaux, les fermes urbaines s’inscrivent dans une vraie démarche sociale et culturelle.
 

Bonjour à toutes et à tous ! Bienvenue sur En Ligne Pour Ta Planète en direct d'Evian à l'occasion de la Global Conference. Nous avons le plaisir d'accueillir Mohamed Hage des Fermes Lufa.
Mohamed Hage : Bonjour

Mix : Cela consiste en quoi en les fermes Lufa ? Pouvez-vous nous détailler le principe ?
Mohamed Hage : On a commencé il y a 4 ans à développer un modèle de fermes urbaines. Une structure adaptée aux bâtiments d'une ville, mais qui produit des légumes... On a démarré la construction de notre première serre au Canada, au Québec (Montréal) pour être précis, cette année, et on livre des paniers de légumes aux gens depuis 6 mois. Tout est cueilli la journée même, on livre dans l'après-midi. On vise à améliorer l'efficacité énergétique de l'immeuble, créer de l'emploi, améliorer la traçabilité des aliments...

mingo : D'où est venue cette idée de fermes sur les toits ? C’est étrange ! De quoi s'agit-il exactement ?
Mohamed Hage : J'ai toujours eu une passion pour l'agriculture. Je suis d'origine libanaise, et je suis dans la recherche de meilleures techniques agricoles que je pourrais ramener au Liban. Et finalement au Canada, en voyant les contraintes climatiques, il fait très froid, je me suis dit qu'il y avait un véritable enjeu. L'idée m'ait venue comme ça une nuit, d'installer une serre sur un toit. Moi, j'ai une formation en informatique, et ça m'a beaucoup servi dans l'élaboration des techniques permettant de mettre en place cette serre, et de produire de manière plus naturelle.

pol : Pourquoi avez-vous décidé de participé à la Global Conference ? Quel est le but pour vous ?
Mohamed Hage : C'est une façon de faire connaître notre concept, et d'échanger avec des gens formidables. Notre but est de répandre notre concept partout dans le monde, et c'est naturel pour nous d'être là. Des gens de Paris, NYC, Portland qui sont intéressés et voudraient développer ce genre de concept. On vient de signer un partenariat avec un gros constructeur industriel qui est intéressé par notre concept. Pour nous, on pense que c'est l'avenir de l'agriculture.





coralie : Mais votre système de sphères perchées sur les toits, ça doit consommer une quantité folle d'énergie non ??
Mohamed Hage : La question de l'énergie est très importante. Au Québec, il fait comme vous le savez très froid, et il faut chauffer pour produire des tomates. Le fait d'etre en ville, sur les toits des immeubles, fait qu’on a besoin de moitié moins d'énergie pour chauffer notre serre. On économise beaucoup d'argent, et il est évident pour nous que c'est beaucoup plus écologique de produire en ville que d'importer, ce qui induit un transport. La serre crée de l'isolation pour l'immeuble, et l'été on a l'avantage de refroidir l'immeuble. C'est l'équivalant d'un toit vert. On est capable de contrôler la rétention de chaleur, ce qui contrôle le climat de l'immeuble en-dessous de nous.

Laura : Puisque votre modèle ne nécessite pas de terres arables, si j'ai bien compris, il doit être transposable partout même dans les régions les moins favorisées, non ? Dans la corne de l'Afrique par exemple ?
Mohamed Hage : Absolument. Il faut avoir un toit d'immeuble, car on est capable de réduire la température de l'immeuble et d'isoler. On est capable d'augmenter la densité et l'usage d'un espace, et de créer un espace mixte. Les espaces de toit qu'on a à Montréal sont suffisants pour nourrir l'ensemble des habitants.

Jeannot : Est-ce que la pollution environnante ne pose pas de problèmes pour faire pousser des légumes ?
Mohamed Hage : Très bonne question, et on se posait la même question. Montréal n'est pas une ville très polluée. Quand on rentre dans nos serres, on remarque qu'il fait beaucoup plus humide et il y a beaucoup d'oxygène. On recrée un micro climat.



Arty : Cela vient d'où Lufa ? C'est votre nom ?
Mohamed Hage : C'est personnel. Chez moi au Liban, sur le toit de ma maison, poussent des lufas, des espèces de courges que ma mère cuisine. C'est très représentatif de ce que l'on fait.

Pale : ça coute combien une serre à l'unité? Faisons-nous partie d'une association d'utilisateurs?
Mohamed Hage : Notre projet nous a couté environ 1.5million d'euros, mais on a constaté qu'on allait pouvoir réduire de moitié le cout de la serre. Notre serre va certainement être rentable dès la première année. On a une clientèle qui s'engage au minimum pour trois mois. C'est une petite garantie pour nous.

hug : Vos produits sont-ils plus chers que sur un marché classique ou que dans les supermarchés ?
Mohamed Hage : Non, pas du tout. Nos prix sont comparables à ceux des marchés. On est très compétitif, même vis-à-vis des produits importés du Mexique, etc.

Arty : Quelle est la réglementation en France pour pouvoir mettre une serre sur un toit en ville ?
Mohamed Hage : Je ne connais pas les règles en France. Mais à Montréal il fallait faire un changement de zonage. Les villes veulent avoir des projets verts. Les urbanistes soutiennent ce genre de projets. On a rencontré de nombreux maires d'autres villes. Pas encore de maires Français. Notre objectif est aussi de mélanger toutes les professions requises pour relever ce défi.

kiki : C'est quoi le principe du panier du jour ???
Mohamed Hage : On fait la cueillette tous les jours. Les paniers sont préparés avec des légumes qui n'ont jamais connus l'intérieur d'un frigo. Chaque jour on prépare une recette de panier, avec des légumes de saison.

Arty : A l'image du photovoltaique, y a til des subventions ou des avantages fiscaux ?
Mohamed Hage : Non, on n'est pas subventionnés. J'ai la chance de travailler sur ce projet, et la malchance de le financer. Mais nous sommes très fiers d'avoir réussi à développer commercialement ce projet. Nous avons démontré que c'est un projet rentable. La rentabilité dans la première année sans avoir à demander de subventions, c'est une grande fierté. On est dans un moment où le gouvernement aide les agriculteurs qui font faillite, on est dans une période difficile pour eux. C'est pour nous l'occasion de montrer pourquoi notre modèle a de l'avenir en comparaison des modèles traditionnels.

Merci beaucoup. Monsieur Hage, le mot de la fin ?
Mohamed Hage : Merci beaucoup.