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Mardi 27 à 12h15

Pascal Husting, Directeur de Greenpeace France
Acteurs nouveaux, pouvoirs différents, modèles balbutiants... Quelles sont les nouvelles forces en présence à l'échelle globale ?

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Le désastre de Fukushima, la fin programmée du nucléaire en Allemagne, le débat sur l'exploitation des gaz de schiste, la sécheresse française, la Bactérie Eceh... Ces derniers mois, l'actualité a été très étroitement liée à l'écologie. Quel est le rôle de Greenpeace ? Quelles sont ses positions, ses actions ? Quel regard porte Greenpeace sur l’engagement des entreprises en matière de développement durable et d’environnement ?... Directeur Général de Greenpeace France depuis mars 2005, Pascal Husting vous propose de passer en revue toutes ces questions en dialoguant en direct avec lui, à l'occasion d'un chat vidéo exclusif.
 

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue sur En Ligne Pour Ta Planète en direct d'Evian à l'occasion de la 6ème Global Conference. Nous avons le plaisir d'accueillir Pascal Husting, de Greenpeace.
Pascal Husting : Bonjour.

Sara : Greenpeace compte t-il profiter de cette Global Conference pour interpeller les entreprises sur certains agissements aberrants? SVP
Pascal Husting : Oui c'est le but de ce type de rencontre, d'y aller cash, même si le cadre est un peu feutré. C'est ce que j'ai essayé de faire ce matin en plénière. Ce matin avec AREVA, nous avons parlé des premières leçons à tirer de Fukushima. Les stress tests, les inspections des centrales, etc. Il y a d'énormes d'acteurs comme Siemens qui ont déclaré se tourner radicalement vers les énergies renouvelables. Il y a déjà des décisions politiques qui découlent de Fukushima.

yoiupui : La fin du nucléaire en France, vous y croyez vous ?
Pascal Husting : Pour le moment en France il n'y a pas d'alternatives au nucléaire. C'est un modèle pour la moitié du 20ème siècle. Aujourd'hui on est dans un monde où il y a la redistribution des pouvoirs. Le nucléaire ne fera pas par contre partie de l'avenir, c'est évident. L'AEIA annonce de nombreuses constructions de centrales nucléaires en Inde, en Asie, mais dans d'autres pays comme les USA on imagine mal le renouvellement de centrales. De nombreux pays européens ont annoncé le non-renouvellement de leurs centrales. On est face à une industrie moribonde. AREVA est en perte financière. Ils ont très peu de commandes fermes sur la construction de centrales, il n'y a que les mines d'uranium qui leur rapportent encore de l'argent.

riodejaneiro : Monsieur Husting, ne croyez vous pas que le message de Copenhague n'est plus qu’une bouteille jetée à la mer ?
Pascal Husting : Je pense que Copenhague n'a jamais été rien d'autre que cela. C'était la prise de pouvoir d'une vingtaine de pays qui ont, à l'insu de l'ensemble des autres délégations, élaboré un papier qu'ils ont soumis à l'assemblée générale, qui a abouti à un non-accord de Copenhague. On a l'impression aujourd'hui que ces grands messes maintiennent un espoir, or du coté de Greenpeace on se place plus du coté de la révolte, et du mouvement citoyen.

stac : Aujourd'hui Monsieur Husting, quels sont les plus grands combats à mener ? Quelles sont les priorités ? L'eau, la biodiversité, les énergies alternatives, l'arrêt du nucléaire ?? On s'y perd un peu...
Pascal Husting : Il y a un méta sujet: le changement climatique. Si on ne réduit pas nos émissions d'ici la fin de la décennie, on aura beaucoup de mal à préserver la biodiversité. Le climat a un impact direct sur l'eau, les océans, les animaux. Cela ne veut pas dire qu'en parallèle il ne faut pas se pencher sur la question des océans. Si cela continue comme ça, on va se heurter à des mouvements de population en raison des changements climatiques.

Mario : Les révolutions démocratiques des derniers mois peuvent-elles rejaillir de manière positive sur les comportements eco citoyens ?
Pascal Husting : Oui même si je pense qu'il n'y a pas de lien direct entre ce qui se passe dans les pays arabes, les révolutions au Chili. C'est à nous de faire passer le message que préserver l'environnement permet de préserver un équilibre social. Aujourd'hui le message qui est passé, est qu'avec la crise financière, gérer la crise écologique est devenu un luxe. Or c'est le contraire qui est vrai. C'est à nous écologistes de nous ouvrir aux préoccupations sociales, aux préoccupations des gens des pays du sud.

adelaide : Etes vous partisan d'une décroissance mondiale ? Et est-elle crédible alors que la population mondiale ne cesse d'augmenter ?
Pascal Husting : Décroissance mondiale ça ne peut pas être un sujet. Aujourd'hui on a 1.5 milliards de personnes qui n'ont pas accès à l'énergie. Il faut équilibrer la situation entre le Nord et le Sud. Il faut envisager une autre forme de prospérité. Il faudra trouver des modes de développement plus légers, moins matériels pour les populations du Sud. Aujourd'hui il n'y a qu'un mode de vie qui prévaut : le mode occidental. Or c'est un mode limité qu'il faut adapter aux pays émergents.

Merci beaucoup Pascal Husting, le mot de la fin ?
Pascal Husting : Merci.