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Lundi 7 à 12h00

Hélène Leriche, Expert Biodiversité à la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
Revivez vos échanges en direct avec cette conseillère scientifique spécialiste de "l'alimentation durable".

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Pour la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme, la biodiversité est une dimension essentielle du vivant. Elle joue un rôle prépondérant pour la survie des êtres humains qui en retirent de l’eau potable, des matières premières, des aliments... Sur ce dernier point, Hélène Leriche interviendra pour expliquer les différentes opérations lancées par la Fondation pour favoriser une alimentation locale, de saison, variée et ainsi connaitre les clés pour bien se nourrir dans le respect des hommes et de la nature. Pour en savoir, n'hésitez pas à lui poser toutes vos questions en direct à l'occasion de ce chat vidéo exclusif.
 

Bonjour à toutes à tous et bienvenue pour ce premier chat de cette 5ème édition d'En Ligne Pour Ta Planète, nous avons le plaisir d'accueillir Hélène Leriche, Expert Biodiversité à la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme.
Bonjour !

Estelle : Bonjour, qu'appelez-vous au juste une alimentation durable ?
C'est un peu comme quand on utilise le terme développement durable. C'est arriver à se nourrir de manière pérenne. C'est une alimentation qui s'ancre dans la planète, qui respecte la biodiversité. Si on peut digérer son plat, c'est parce qu'on a des bactéries qui nous aide, nous avons de la biodiversité à l'intérieur de nous. Il faut pouvoir nourrir les générations futures ! C'est ça l'alimentation durable ! Depuis le néolithique, c'est la préoccupation majeure. La seule chose, c'est qu'avec la révolution industrielle, on s'est déconnecté de la nature et du sol. On fait des cultures hors sol aujourd'hui.

Axti : Pouvez-vous nous expliquer le rapport entre biodiversité et alimentation ? Je trouve cela intéressant mais je ne suis pas certaine de comprendre. Merci.
Si vous prenez votre assiette, tout est de la biodiversité, c'est le monde vivant qui nous entoure , il y a une partie qui nous est nourricier, il y a aussi de la biodiversité auxiliaire de cette culture (insectes pollinisateurs). Tout ça c'est la biodiversité qui vous permet de manger tous les jours. On manipule cette biodiversité et on essaye de la domestiquer, on oublie que c'est un tout, c'est un maillage, un réseau alimentaire faite d'interactions, c'est le tissu vivant, les enjeux sont énormes.

ariane : Quelles actions menez-vous avec la Fondation dans le cadre de cette année de la biodiversité ??
En effet, c'est l'année mondiale de la biodiversité. Nous sommes en crise, la biodiversité est en train de se détruire, ce sont les humains qui la détruise, de plus en plus vite. Nous sommes dans une crise du vivant, il y a des disparitions d'espèces très rapides. La destruction de l'habitat existe également. Cette année, nous allons essayer de trouver des solutions ! La biodiversité est un fer de lance qu'on brandi chaque année, on s'occupe de la terre et de l'homme tous les jours, nous avons le programme de l'alimentation, c'est une manière de parler de biodiversité. Il y a aussi la possibilité de donner du temps à la biodiversité avec le lancement d'une plateforme éco. Vous pouvez donner un peu de temps à ces chantiers en fonction de vos disponibilités. Vous pouvez également aller sur le site de la Fondation Hulot ou de l'association « A pas de loup » pour connaître toutes ces missions. Vous pouvez aussi suivre l'état des pollinisateurs, il y a des actions en 2010 et aussi tout le suivi des actions menées précédemment.

nat : Quel est le rôle de la Conférence française pour la biodiversité?
Vous parlez peut être de la conférence de Chamonix qui a eu lieu au mois de mai sur la biodiversité, qui était une rencontre des différents acteurs (entreprises, ONG, politiques, associations) pour travailler sur la biodiversité, sur son devenir et sa gouvernance. Nous avons réfléchi à des pistes de recherche, une stratégie pour améliorer cette biodiversité. Il y a d'autres choses en cours dans le domaine de la recherche, nous voulons monter une plateforme internationale, un peu comme le GIEC pour fédérer la recherche, pour préconiser les meilleures solutions.

nat : oui c'est ça :-)
Roze_des_sables : Bonjour, je voudrais savoir comment faire pour concilier la sauvegarde des ressources et de la diversité de la planète, qui passe par une alimentation et un mode de vie plutôt local, avec le développement des pays "pauvres" dont l'essor économique dépend beaucoup de cette mondialisation des échanges si polluante.
Le fait que les pays en voie de développement ait envie de se développer, c'est une bonne chose. Mais ce n'est pas aussi simple que cela, il faut mettre en avant les circuits courts, leur marché local. Il faut repenser le commerce international, il faut favoriser les circuits courts et défendre comment les produits vont être transportés d'un continent à l'autre. Si les gens avaient la possibilité de manger grâce à leurs terres, je pense qu’ils le feraient.

Nico : Commerce équitable et alimentation durable, c'est la même notion ?
Au final, oui un peu, ça se croise, alimentation durable c'est permettre à chacun de subvenir à ses besoin et d'avoir un élevage qui respecte l'environnement. Alors que le commerce équitable, c'est la valorisation des petits producteurs. Il y a une dimension sociale et économique. Il faut privilégier les produits du commerce équitable autant que possible.

sophie : La biodiversité sera-t-elle toujours au cœur du Grenelle de l'environnement 3 ?
Je ne suis pas voyante ! Pour moi la biodiversité c'est vital ! Il vaudrait mieux qu'on en prenne soin je pense ! Il faut mettre en place la trame verte et bleue ! La biodiversité on en parle au niveau local et au niveau international, les points de vue sont différents, il est question de gouvernance au final. C'est la question du rapport entre les êtres humains ! Je ne sais pas si c'est une question de rééducation. Je pense qu'expliquer aux enfants la biodiversité est très important, il faut continuer à apprendre tout au long de notre vie. Il faudrait apprendre à partager la Terre, qui est très petite et apprendre à vivre ensemble. Il faut faire une pause et se demander ce que l'on veut pour demain, on a la capacité de toute détruire, on pourrait donc éviter cela.

Bax52 : Bonjour Madame. Les agriculteurs ont un rôle à jouer pour préserver la qualité des produits de nos assiettes. Est-ce que vous pensez que c'est le cas en France ?
Je partage votre affirmation pour la France. Ils ont un rôle à jouer, ils tiennent un rôle, ce sont un des premiers acteurs, mais il y a une grande diversité chez les agriculteurs. Certains ont d'autres priorités que les miennes. Aujourd'hui la politique agricole commune est sous les projecteurs. L'idée c'est que la production agricole prenne en compte cet environnement, et qu'elle soit majoritaire. On est en train de faire disparaitre la faune pollinisatrice à coups de pesticides, les conséquences sont méconnues et incalculables. Les agriculteurs ont parfois l'impression de tout manipuler et de tout gérer.

Valerie1980 : Ma question, respecter la saisonnalité des aliments est-ce déjà un premier pas vers une consommation responsable?
Tout à fait ! On essaye de mettre en avant une alimentation QPS, Qualité, Proximité, et Saison ! On n'a pas besoin de mettre les aliments sous serre, ainsi votre impact sur la biodiversité sera limité. Il faut que le consommateur achète des produits de saison, si on arrête d'acheter des fraises à Noël, les producteurs n'en feront plus. Il faut prendre conscience de ce qu'il y a derrière tout cela ! Avec votre fourchette, vous dessinez la planète ! Derrière une étiquette, il y a des gens, les producteurs ne sont pas tous identiques.

erika : AMAP, qu'est-ce que c'est exactement ?
Le principe, c'est que vous assurez à un agriculteur un débouché pour sa production, c'est comme si vous aviez votre potager à l'extérieur de votre ville et que quelqu’un de compétent s'en occupe. C'est une petite association présente dans toutes les communes. Chaque semaine vous avez votre panier de saison chez un commerçant qui vous attend !

val75 : Outre ne pas manger de fraises en hiver, qu'est-ce que nous pouvons faire nous pour faire avancer les choses ?
Vous pouvez manger QPS (qualité, proximité, saison). C'est déjà bien. Vous pouvez trouver sur le site de la Fondation, un site avec la géo-localisation des aliments. Bien manger est important pour votre santé. Il y a plus de vitamines dans ma fraise qui a poussé l'été au soleil plutôt que ma fraise sous serre l'hiver. Cela permet aussi de ne pas dégrader le monde marin. Tous les pesticides arrivent dans les rivières et les océans. Un mammifère marin qui s'échoue sur une plage, c'est un déchet !

Paola M : Manger bio reste cher. Comment concilier une alimentation bio avec des revenus peu élevés ?
La production bio peut paraitre plus chère, manger bio c'est manger différemment aussi. Si vous achetez un poulet fermier, vous aurez plus à manger que sur un poulet élevé en batterie. Vous pouvez aussi essayer de manger moins de viande, il faut rééquilibrer son alimentation, et ce n'est pas forcément plus cher pour votre porte monnaie, acheter des produits de saison coûte moins cher.

jeanne : Pour aller au bout de l'idée, manger "durable" cela veut-il dire aussi bannir la viande ou le poisson de son alimentation ?
C'est ce que je disais, il ne faut pas les bannir, mais acheter des produits de qualité à la place. Il y a des labels de qualité sur le poisson également, il y a des poissons à éviter, sur le site de la Fondation Hulot, vous avez un petit livret à imprimer pour vous aider à faire vos courses. Pour la viande, essayez de ne pas en consommer trop.

Jared : Voulez-vous dire que notre alimentation s'est uniformisée ? Moi, j'ai au contraire l'impression que l'on mange des choses très différentes que l'on ne mangeait pas avant !
fredreve : Pourquoi au supermarché, la plupart des fruits et des légumes viennent de pays lointains ?
Je ne suis pas sûre d'être de cet avis, je pense que d'une certaine façon, les produits viennent des 4 coins du monde, mais qu’il y a beaucoup de légumes locaux oubliés par exemple. Les topinambours ne sont plus à la mode, moi j'ai plus l'impression qu'on a uniformisé en limitant les races des légumes et des fruits. C'est une fausse illusion, avoir des produits exotiques nous fait oublier notre diversité. Pour Fredreve : Parce qu'on les achète ! Si vous arrêtez de les acheter, ils arrêteront de nous en proposer. C'est le serpent qui ne mort la queue. Il faut repenser les choses.

Merci Hélène Leriche. Le mot de la fin ?
Quand on a crée l’association « les Fraises au Printemps », on voulait que tout le monde de préoccupe de la biodiversité, mais c'est se souvenir que c'est un maillage vivant avec toutes les espèces que l'on ne voit pas ! Il faut se souvenir que l’on fait partie de ce système et qu'il faut en prendre soin. Merci à vous tous ! Au revoir.